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Le corps est conscience. Aux sources de la sophrologie non-duelle de Marc Marciszewer. Editions Accarias L’Originel, 5 passage de la Folie-Regnault, 57005 Paris.

http://originel-accarias.com/

 

Ce livre permet entre autre de mesurer le chemin parcouru par la sophrologie depuis sa création quelque peu chaotique pour devenir une discipline à la fois ouverte à des évolutions et des intégrations et capable d’évaluation.

 

Marc Marciszewer intègre dans sa démarche les approches non-dualistes comme le shivaïsme non-dualiste cachemirien ou les résultats de la pratique de vipassana. Il cherche tout d’abord à remonter du langage à la sensorialité, stopper ainsi le dialogue interne et s’ouvrir à la pure perception de ce qui est.

 

Marc Marciszewer remarque tout d’abord que Caycedo, quand il a formulé la sophrologie il y a soixante années maintenant, n’a fait que reformuler des outils et méthodes, anciennes, voire antiques. Se démarquant de l’approche, partielle, de la sophrologie caycedienne, l nous propose une sophrologie de l’écoute, une sophrosophie, plus proche des démarches d’écoute antiques, qu’elles soient grecques, chinoises ou indiennes, à la fois connaissance et sagesse pratique.

 

Le travail proposé par l’auteur à travers les réflexions et les exercices proposés conduisent à être attentif à ce qui est là, à ne plus s’identifier aux commentaires et à reconnaître ce que nous sommes.

Les techniques, précise l’auteur, « ne sont pas là pour nous permettre d’atteindre un objectif qui nécessite un long entraînement, même si dans un premier temps la demande est de détendre le corps, de se préparer à quelque événement, de pacifier le ressenti d’anciens vécus, de trouver l’art et la manière de faire face au quotidien en acceptant de vivre et donc de ressentir tout ce qui nous vient : la tristesse, la colère, la peur mais aussi la joie, la paix, le sentiment de plénitude (pour rappel, la plénitude signifie la complétude, une condition de l’esprit où nous constatons qu’il n’y a rien à ajouter et rien à trancher).

Le véritable sens de la sophrologie de l’écoute est la mise en lumière de ce qui est toujours déjà là quand on y prête attention : la capacité qu’à notre esprit d’accueillir tout phénomène qui y surgit, dure un moment puis s’évapore. »

 

Se réapproprier notre capacité d’attention, d’observation non ciblée, réceptive, de pensée perceptive, capacité qui nous est naturelle, mais qui est occultée par nos conditionnements multiples ouvre sur le simple et l’infini.

« Dans cette dimension de la sophrologie, nous dit encore  Marc Marciszewer, la tranquillité profonde est déjà là, à l’arrière-plan, e tne requiert aucun effort ou entraînement, parce qu’elle est reconnue comme étant toujours déjà là, bien que nous l’ignorions la plupart du temps. Parce que nous nous fixons sur les mouvements et les bruits à la surface, que nous focalisons sur les pensées, les sensations, les sentiments, que nous nourrissons l’adhésion à la personnalité et ses limitations. En réalité, il est bien plus simple et facile qu’on ne le pense de se rendre sensible à ce qui est à l’arrière-plan. Mais il nous faut abandonner, ne fût-ce qu’un instant, tout ce qu’on sait ou croit savoir à son propre sujet, et renoncer à préserver nos résistances, l’autre nom de notre personnalité factice. »

 

Marc Marciszewer redonne au corps la place centrale qui est la sienne, ce corps-monde qui ouvre sur la métaphysique. La Pleine Conscience, devenue à la mode et, hélas, objet marchand, constitue ce socle sur lequel la Conscience non-duelle se déploie. «  On est toujours à sa place…, indique l’auteur, puisqu’on y est. » :

« Evidemment, d’un point de vue non-duel, il est impossible de passer à côté de sa vie ! C’est précisément sa vie qu’il convient d’écouter, d’observer, telle qu’elle agit sur la structure physiologique et psychique, de moment en moment. Tôt ou tard, chacun finit probablement par réaliser que sa vie telle qu’elle est ne pose pas de problème. C’est l’idée qu’on s’en fait, le désir d’autre chose, qui crée des problèmes, que l’on peut qualifier de psychologiques, imaginaires, même si perçus comme bien réels. »

 

Traversant le voile opaque des conditionnements, des préjugés, des croyances, l’être attentif se découvre et découvre dans la simplicité et la tranquillité de ce qui demeure.

Par cet ouvrage, Marc Marciszewer réussit à mettre à disposition du lecteur un ensemble d’exercices simples à mettre en œuvre, orientés vers l’expérience non-duelle.

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