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Les Francs-maçons d’Afrique et d’Asie par Yves Hivert-Messeca. Cépaduès-Editions, 111 rue Nicolas Vauquelin, 31100 Toulouse.

http://www.cepadues.com/

 

Nous parlons volontiers de l’universalité de la Franc-maçonnerie. Ce n’est pourtant le plus souvent qu’une vague idée autour des valeurs maçonniques. Les Francs-maçons européens s’intéressent souvent à la maçonnerie africaine dans la zone parlant leur propre langue mais très peu à la maçonnerie asiatique.

 

Ce livre veut défricher le terrain et ouvrir des chemins de compréhension des multiples expressions maçonniques sur ces deux continents.  La disparité entre les zones géographiques est grande, depuis les Etats où la Franc-maçonnerie est implantée depuis longtemps, héritage du colonialisme, jusqu’ aux Etats où elle est marginalisée ou interdite. Le peu d’études, l’absence de chiffres vérifiés, compliquent encore la connaissance du phénomène maçonnique africain ou asiatique. C’est très conscient de ses difficultés qu’Yves Hivert-Messeca invite les lecteurs à l’assister dans le développement de ce premier travail sur le sujet.

 

En Afrique, la Franc-maçonnerie fut longtemps presque exclusivement européenne, réservée aux « Occidentaux », centralisée dans les capitales. Après le deuxième conflit mondial et les processus de décolonisation, la Franc-maçonnerie connut un déclin avant de connaître un nouveau développement à partir des années 1970-1980. Aujourd’hui, la Franc-maçonnerie africaine n’est toujours pas pleinement affranchie de l’influence des anciens territoires colonialistes.

 

La Franc-maçonnerie ouvrit les portes de l’Asie par l’Empire ottoman dans les années 1730-1740 puis de développa dans le véhicule de la colonisation avec des destins divers :

« Tous ces ateliers, précise l’auteur, étaient presque exclusivement composés d’Occidentaux, sauf dans l’Empire des Indes, où des musulmans d’abord, puis des sikhs et des parsis, enfin des hindouistes, furent admis, mais restèrent minoritaires. L’exception demeure les Philippines où se constitua progressivement une maçonnerie autochtone et nationaliste à côté de la maçonnerie coloniale espagnole, phénomène accentué après la tutelle américaine (1899) sur l’archipel, processus qui aboutira à la formation de la Grande Loge des Philippines en 1912. »

 

Sur les deux continents, l’installation maçonnique est éminemment politique et les préoccupations initiatiques ne sont pas souvent premières.

Yves Hivert-Messeca dresse un état des lieux chronologique, Etat par Etat, basé sur les archives qui ont pu lui être ouvertes et les sources disponibles. Ce travail conduit à de nombreux questionnements sur le sens de l’implantation maçonnique. Fut-elle favorable ou défavorable à la diffusion des idées de liberté, participa-t-elle à l’asservissement des peuples ? Il n’existe que des réponses partielles et localisées. Les travaux fournis par les loges de recherches sont nécessaires et importants mais demeurent insuffisants.

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