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L'Harmonie secrète de l'ancienne Egypte
L’harmonie secrète, cœur de l’ancienne Egypte de Jean Bouchart d’Orval, Editions Almora.

Par ce livre important, Jean Bouchart d’Orval s’inscrit dans la continuité de René Schwaller de Lubicz dont les écrits demeurent incontournables pour saisir le sens de l’hermétisme chaldéo-égyptien qui imprègne encore certains collèges internes de la vieille Europe ou pour approcher la science du sacré de l’Egypte antique que les auteurs grecs ont souvent déformée.

Jean Bouchart d’Orval invite le lecteur à se dessaisir des approches dualistes pour laisser émerger le pressentiment, parfois le sens même, de l’essentiel. Il n’est point question d’érudition mais d’une intimité à laquelle porte toute la civilisation du Nil.

« Dès le départ, rappelle-t-il au lecteur, tout reposait sur la Connaissance et la tradition fut maintenue vivante par les initiés et les sages regroupés autour des temples. L’Egypte entière fut tournée vers l’Eternité. En cela, elle offre un aperçu de ce que pouvait être une civilisation normale, ou traditionnelle, c’est-à-dire fondée d’abord et avant tout sur la réalité profonde de l’existence. »

Le symbolisme égyptien n’est jamais une invitation à l’idolâtrie mais une langue à part entière que l’université se montre incapable de comprendre. C’est ce symbolisme et sa géométrie qui sont explorés dans ce livre de manière très pédagogique et accessible et en respectant une nécessaire distinction entre ce qui ne peut être que célébré et ce qui doit être étudié. Ce symbolisme sert totalement une voie de retour à l’Un. Dès le début de l’ouvrage, Jean Bouchart d’Orval indique quel est l’Orient :

« Cette voie passe par un retour à ce qui nous a un jour fait prendre conscience que « j’existe » et nous a dès lors amenés à nous affirmer en tant qu’individu. C’est uniquement par la reconnaissance de ce mouvement que peut luire en toute clarté la pure Lumière consciente qui le provoque. C’est par la prise de conscience directe du mouvement de la création temporelle que l’homme se découvre sa propre intemporalité. C’est en réalisant ce qui a assisté à la prise de conscience « j’existe » qu’il se découvre au-delà de l’existence et de la non-existence. C’est le sens véritable d’expressions telles que l’immortalité ou la vie éternelle : Cela qui est au-delà même du fait d’exister ou ne pas exister. C’est cela qu’on dit au-delà de toute dualité. Même parler du Un est une licence poétique. »

Fondamentalement, l’enseignement traditionnel de l’Egypte antique est non-dualiste et cette perspective restitue au symbole son opérativité initiale. Ainsi, « la causalité ne joue pas tant sur un mode horizontal que vertical ». Alors que le symbole n’est souvent utilisé que pour réunir sur un même niveau logique, autorisant des digressions stériles sans fin, sa fonction est de réunir dans l’axialité, « à plus haut sens ». Dès lors, les mythèmes de l’Egypte antique deviennent hautement dynamiques et renvoient aux principes et aux archétypes dans un jeu sublime de miroirs et de regards, déterminé par une harmonie secrète.

Au fil des pages, cette harmonie secrète se déploie dans sa simplicité, c’est-à-dire qui pointe toujours vers le Un : tétraktys, pentaktys, nombre d’or, gamme pythagoricienne (héritage de l’Egypte), division harmonique, renversement et croisement, hexagone, canevas… autant de contributions à l’harmonie invisible que nous retrouverons inscrites dans le Temple de Luxor. L’intemporalité de la tradition de l’Egypte ancienne, présente aussi bien dans sa représentation du Ciel que dans ses pyramides, la rend accessible ici et maintenant à qui est attentif à lui-même. « C’est en nous » conclut Jean Bouchart d’Orval, « le cœur de l’Egypte ancienne est très vivant : il est en nous, il est nous. Ce cœur est universel et intemporel, il ne se réfère pas à une tradition particulière. Nous n’avons pas à revenir en arrière dans le temps et tenter de reproduire une civilisation disparue, mais si nous pouvions enfin faire preuve d’un peu d’humilité et écouter ce qu’elle nous raconte sur nous-mêmes, nous n’aurions pas perdu notre temps. »

Editions Almora, 51 rue Orfila, 75020 Paris, France.

www.almora.fr

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