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La crise financière française de 1789 – 1799

La crise financière française de 1789 – 1799 par Andrew Dickson White, Editions Le Jardin des Livres.

Cet ouvrage jette un regard inhabituel sur la Révolution française de 1789, peut-être la période la plus complexe et la plus importante de l’histoire de France, tant les événements révolutionnaires devaient influer sur le destin de l’Europe et du monde.

Andrew Dickson White fut un diplomate et un homme politique important de son temps. Il exerça notamment des fonctions de premier plan à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, par exemple Ministre des Etats-Unis auprès de l’Allemagne de 1879 à 1881, de la Russie de 1892 à 1894, Ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne de 1897 à 1903. Il rédigea cet essai dans lequel il aborde la période révolutionnaire sous l’angle financier et économique en 1912. Il avait alors 82 ans.

Dans un pays ruiné, les révolutionnaires vont se lancer dans l’usage des Assignats et des Mandats Nationaux. Mais le peuple, méfiant, ne les suivra pas sur ce terrain-là, préférant se rabattre sur l’or et l’argent. La planche à billet causa le discrédit des révolutionnaires et l’équilibre économique ne fut rétabli que par Napoléon et la restauration du standard or. L’auteur rappelle qu’elle fut la stratégie de Bonaparte, alors consul :

« Lorsque Bonaparte devint consul, l’état des affaires fiscales était effroyable. Le gouvernement était en faillite, une immense dette restait impayée. De nouveaux impôts semblaient impossibles à mettre en place, les évaluations étaient dans une confusion sans espoir. La guerre continuait à l’Est, sur le Rhin, et en Italie ; et la guerre civile sévissait en Vendée. Aucune des armées n’était payée depuis longtemps et le plus grand prêt qui pouvait être pour l’instant effectué représentait une somme couvrant à peine les dépenses du gouvernement pour une seule journée. Lors du premier conseil de cabinet, on demanda à Bonaparte ce qu’il avait l’intention de faire. Il répondit : « Je répondrai en espèces, sinon je ne paierai pas ». A partir de ce moment-là, il géra toutes ses opérations de cette façon. il organisa les évaluations, finança la dette et effectua les paiements en espèces. Dès lors, pendant toutes les campagnes de Marengo, Austerlitz, Jena, Eylau, Friedland jusqu’à la paix de Tilsit en 1807, il n’y eut qu’une seule suspension de paiement en espèces et elle ne dura que quelques jours. Lorsque la première grande coalition européenne fut formée contre l’Empire, Napoléon était aux abois au niveau financier et on proposa de recourir à la monnaie papier. Mais il écrivit à son ministre : « Tant que je serai vivant, je n’aurai jamais recours au papier non convertible ». Il ne le fit jamais et la France, mue par cette détermination, commanda tout l’or dont elle avait besoin. Lorsque Waterloo arriva, avec l’invasion des Alliés, la guerre se déroulant sur son propre sol, avec un changement de dynastie et de lourdes dépenses pour la guerre et les indemnités, la France reposant sur la base des espèces ne connut pas de misère notoire au niveau financier. »

Les historiens spécialisés dans la période révolutionnaire ou la période napoléonienne apporteront sans doute des nuances aux propos de l’auteur ou développeront des thèses contradictoires. Toutefois, la leçon à tirer reste peut-être valable. Le scénario des finances révolutionnaires, dramatique, fait écho à notre situation actuelle depuis l’abandon de l’étalon or. En réalité, Andrew Dickson white décrit les mécanismes de l’inflation et les erreurs politiques qui la nourrissent.

Editions Le Jardin des Livres, 243 bis, Boulevard Pereire, Paris 75007, France.

www.lejardindeslivres.fr

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